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Rencontre avec Hirbod Dehghani-Azar et Clotilde Lepetit

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Rencontre avec Hirbod Dehghani-Azar et Clotilde Lepetit
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Hirbod Dehghani-Azar et Clotilde Lepetit sont les deux candidats investis par l'association Femmes et Droit en lice pour les prochaines élections au Conseil de l'Ordre du barreau de Paris. Retour sur leurs parcours et leurs grands thèmes de campagne.

Affiches Parisiennes : Vous êtes le binôme de candidats investis par Femmes et Droit. Pouvez-vous mutuellement vous présenter ?

Clotilde Lepetit : Après avoir été institutrice, je suis devenue avocate. J'avais déjà à l'époque un parcours militant et m'étais investie auprès d'associations féministes avec lesquelles j'ai notamment lutté contre les mariages forcés et l'excision des jeunes filles. J'ai trouvé ma première collaboration au sein du service de déontologie du Conseil de l'Ordre en qualité d'assistante en déontologie au sein de la commission loyauté et conflit d'intérêt. Cela m'a permis de voir la profession de l'autre côté du barreau.

Puis, voulant exercer en droit pénal, ce qui m'intéressait vraiment, j'ai passé la conférence du stage que j'ai obtenue en 2006. Pour moi, cette expérience a été une formation accélérée exceptionnelle en matière de droit pénal et j'ai trouvé très rapidement ma première collaboration dans ce domaine, puis plus tard auprès de ma première secrétaire de conférence. En 2011 je me suis lancée à mon compte. J'ai finalement monté notre cabinet 7BACAVOCATS avec mes « sœurs » de la conférence du stage en 2015. Notre cabinet est pleinement dédié au contentieux pénal.

Sous l'investiture de Femmes et Droit dont j'étais membre, je me suis présentée au Conseil national des barreaux. Elue, j'ai participé à la commission Liberté et droits de l'Homme et j'y ai présidé la première commission en charge de l'égalité et des luttes contre les discriminations.

J'ai ainsi notamment travaillé sur l'égalité professionnelle hommes-femmes, les problématiques d'accès au droit des personnes en situation de handicap, la lutte contre la récidive et la surpopulation carcérale.

Hirbod Dehghani-Azar : Pour ma part, j'ai suivi un parcours universitaire et sportif parallèle mais étant résident sous le statut de réfugié, je ne pouvais prétendre exercer la profession d'avocat. Suite aux “accidents de la vie”, je me suis trouvé dans l'obligation d'arrêter mes études pour trouver un travail.

J'ai travaillé successivement dans une entreprise commerciale, puis comme directeur de cabinet d'un maire conseiller général, avant de décider de lever des fonds et de créer une société de services aux collectivités. J'ai ensuite cédé mon entreprise pour reprendre les études à l'âge de 33 ans. J'ai suivi un troisième cycle et l'IEJ sur une année et j'ai intégré l'EFB.

Délégué UJA et FNUJA dès l'EFB, je me suis investi dans la vie syndicale et associative de notre barreau et plus particulièrement dans les domaines de l'entreprenariat, l'installation et les nouveaux champs d'activités. Ancien vice-président de l'UJA de Paris, j'ai aussi été président de l'Association des médiateurs européens. J'ai ainsi la chance de participer à la formation des confrères, mais aussi des magistrats, sur les modes alternatifs de règlement des différends.

Prêtant serment en janvier 2005, J'ai été collaborateur pendant deux avant de participer à la création du cabinet RSDA où nous sommes aujourd'hui six associés. Nous intervenons en droit des affaires (public et privé) et en fiscalité. Pour ma part, j'interviens tant en conseil qu'en contentieux, dans les domaines du droit public (marchés publics, urbanisme, responsabilité, contentieux administratif, droit électoral) et du droit de l'immobilier (baux d'habitations, baux commerciaux, construction et travaux), j'ai aussi une activité de médiateur, de formateur, de lobbyiste et de mandataire en transactions immobilières.

A.-P. : Pourquoi avoir fait le choix de vous présenter ensemble aux élections du Conseil de l'Ordre et comment s'est constitué votre binôme ?

C. L. : Femmes et Droit a souhaité me soutenir, eu égard à mon parcours, mon expérience et mon bilan au CNB. Je souhaite naturellement offrir cette expérience acquise au CNB à mes consœurs et confrères du barreau de Paris, au Conseil de l'Ordre des avocats de Paris et à Madame le bâtonnier élue, Marie-Aimée Peyron.
Malgré nos parcours et nos expertises très différentes, nous partageons avec Hirbod les mêmes valeurs, notamment sur des questions de diversité, d'accès au droit et de déontologie.

H. D.-A. : Nous avons échangé sur la vision que chacun a de la profession et nous avons constaté que nous étions complémentaires dans le sens où nous avons la même volonté d'avoir une profession forte, avec une déontologie forte, qui s'approprie les nouveaux champs, même si nous exerçons au quotidien d'une manière différente. Par ailleurs, je suis complètement en osmose avec les principes d'égalité professionnelle et de lutte contre la discrimination que porte l'association Femmes et Droit. Avec Clotilde, nous nous engageons à apporter, nos compétences pour conduire les changements de notre profession, dans ses nouveaux champs et modèles d'activité. Là est aussi notre compatibilité.

A.-P. : Quelles sont les grandes lignes que vous souhaitez développer au Conseil de l'Ordre ?

C. L. : Pour moi, cette candidature s'inscrit dans le prolongement de ce que j'ai commencé à faire au CNB. A mon sens, les institutions incarnent la possibilité d'avoir un discours sociétal, si ce n'est politique, un discours libre. Nous pouvons porter chaque jour auprès de nos confrères des valeurs d'égalité, de diversité, mais aussi de défense des libertés. Puis, j'ai à cœur de défendre les avocats et la profession, dans un monde ou les avocats sont mis à mal par la concurrence, parfois par les institutions, les politiques et les magistrats. Nous ne sommes pas omniscients sur tous les sujets, mais nous avons des domaines de compétences respectives certaines et complémentaires.

H. D.-A. : En effet, la profession et le monde du droit de manière globale sont en pleine évolution. Il y a un vrai challenge sur les prochaines années. Nous souhaitons donc accompagner nos confrères dans leurs difficultés au quotidien. Nous nous engageons à rester à leur écoute et à mettre nos compétences à la disposition du plus grand nombre.

A.-P. : Investis par Femmes et Droit, vous soutenez donc l'égalité professionnelle entre hommes et femmes. Si ces dernières sont aujourd'hui majoritaires dans la profession, elles sont pour autant très loin d'être majoritaires en tant qu'associées. Quelle est votre ressenti sur ce sujet ?

C. L. : Ce qui est intéressant à savoir, c'est que les femmes sont désormais nombreuses dans les matières qui font de l'argent, c'est-à-dire le droit des affaires, le droit fiscal, le droit des sociétés. Elles travaillent dans les mêmes proportions que les hommes à temps plein, contrairement à ce qu'on pourrait imaginer pour expliquer une disparité de revenus. Il y a des choses à changer dans l'inconscient collectif pour faire bouger les lignes. Pour se faire, il faudrait d'abord nommer la réalité, interroger la grande profession et s'améliorer pour faire mieux demain. J'ai également envie de sensibiliser toutes et tous sur la question du handicap.

Au CNB, j'ai porté le projet de mise en place d'une charte de responsabilité sociétale (RSE) appliquée aux cabinets d'avocat, qui crée une culture de valeurs, met en place un système d'attention particulière à ces questions-là. Ce n'est pas qu'une charte de bonnes intentions ; il y a également un outil auto-diagnostic qui permet au cabinet de faire régulièrement un point sur ces questions pour voir ou il se situe face aux difficultés et mettre en place un plan d'action pour pallier les insuffisances.

H. D.-A. : Il n'y a pas une solution miracle. L'idée c'est un changement de culture. C'est pour cela que nous ambitionnons de promouvoir une culture d'égalité entre les hommes et les femmes.

A.-P. : Face aux changements que connaît la profession, les avocats ont-ils aujourd'hui besoin de diversifier leurs activités, notamment par le règlement amiable des différends ?

H. D.-A. : Les changements de la profession sont nombreux car le droit change, la société change et nos pratiques doivent accompagner ces changements en les abordant comme de potentielles opportunités et pas seulement des contraintes. C'est d'ailleurs le cas des modes amiables de règlement des différends. Il s'agit d'un marché très concurrentiel que les avocats peuvent parfaitement appréhender.
En tout état de cause, il ne s'agit pas de forcer au changement ou d'opposer le contentieux aux modes alternatifs, mais d'accompagner cette évolution, nous détenons un mandat de nos clients, ce qui nous permet d'être des tiers de confiance. Parce que j'écoute et comprend mieux les besoins de mon client et que j'ai diverses solutions à lui proposer, je peux envisager avec lui une stratégie et un cheminement en rapport avec ses demandes.




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