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Relance de l'ACCIS : vers une évolution majeure de l'aide fiscale à la recherche ?

le - - Entreprise - Vie des entreprises

Relance de l'ACCIS : vers une évolution majeure de l'aide fiscale à la recherche ?

Engagée dans la lutte contre l'évasion fiscale et souhaitant renforcer le marché unique pour les entreprises, la Commission européenne a récemment réactivé ses travaux sur le projet de directive visant à établir une Assiette commune consolidée pour l'impôt sur les sociétés (ACCIS).

L

a directive ACCIS comprend également des dispositions relatives à la lutte contre l'évasion fiscale et à la dimension internationale du régime fiscal proposé, auxquelles s'ajoutent deux points qui ne figuraient pas dans la proposition initiale de 2011 :

• des règles visant à lutter contre les distorsions fiscales en faveur de l'endettement,

• l'octroi d'une super-déduction en faveur des activités de recherche et développement (R&D) visant à inciter fortement l'investissement dans ce domaine.

Dans sa rédaction actuelle, cette super-déduction diffère selon la qualité de la société contribuable qui réalise l'activité de R&D :

• une déduction supplémentaire automatique de 50 % ou 25 % des coûts R&D serait accordée, selon que les dépenses engagées en R&D seraient inférieures ou supérieures à 20 millions d'euros. Entreraient dans le champ d'application de cette directive, les sociétés assujetties à l'Impôt sur les sociétés, appartenant à un groupe consolidé, dont le chiffre d'affaires consolidé total a dépassé 750 millions d'euros.

• une « super » super-déduction permettant de déduire 100 % supplémentaires des coûts de recherche à hauteur de 20 millions d'euros (soit 200 % de la dépense de recherche engagée) serait également appliquée aux sociétés non cotées de moins de cinq ans, employant moins de 50 employés, avec un chiffre d'affaires annuel et/ou un bilan annuel total n'excédant pas 10 millions d'euros.

Impacts de la directive ACCIS sur l'aide à la R&D potentiellement négatifs pour les entreprises bénéficiant du CIR

Les sociétés qui relèveraient de l'ACCIS devraient être exclues des régimes fiscaux nationaux, ce qui impliquerait en France, une sortie du dispositif du Crédit impôt recherche.

Selon Olivia Cerveau Reynaud, fiscaliste chez Ayming, « il est trop tôt pour appréhender complètement les impacts positifs ou négatifs de cette super-déduction. Ils dépendront notamment du taux d'imposition en vigueur.

Cela étant, il est déjà possible de constater que le soutien à la R&D changerait de nature pour les sociétés concernées par l'ACCIS et bénéficiant jusque-là du Crédit d'impôt recherche français. En effet, il ne s'agirait plus d'un crédit d'impôt, mais d'une simple charge déductible du résultat imposable. Ainsi, la société qui exposerait des dépenses de R&D, mais qui serait déficitaire au titre de l'exercice concerné, ne bénéficierait d'aucun soutien fiscal pour sa recherche. En outre, l'assiette de cette super-déduction comprend les ‘‘coûts de recherche et de développement''. Elle semble ne pas tenir compte des dépenses d'innovation, dont l'engagement permet aux PME de bénéficier d'un crédit d'impôt de 20 % des dépenses éligibles retenues dans la limite globale de 400 000 euros par an, depuis le 1er janvier 2013. Ces premières constatations tendent à conclure à un bilan plutôt négatif quant à la portée et l'efficacité de ces super-déductions dans la rédaction actuelle de la directive ACCIS, comparées aux règles et effets du Crédit d'impôt recherche existants. »

Cette proposition de directive va être transmise au Parlement européen pour consultation et fera sans doute l'objet de négociations, certains États ayant déjà exprimé des réserves.

Selon Olivia Cerveau Reynaud, « Il est aujourd'hui difficile d'envisager le temps que prendra l'adoption de cette directive
ACCIS. Cependant, même si elle n'a pas à ce jour d'impact national direct et concret, elle suppose que ses conséquences soient anticipées et constitue ainsi un point d'attention pour toutes les directions financières. »

A propos d'Ayming :
Ayming est un groupe international leader du conseil en Business Performance, né du rapprochement d'Alma Consulting Group et de Lowendalmasaï, implanté dans 16 pays dont l'Allemagne, la Belgique, le Canada, la Chine et les Etats-Unis. En 2015, le Groupe, qui comptait près de 1 500 collaborateurs, a réalisé un chiffre d'affaires de 173 millions d'euros.



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