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Panorama 2017 de la cession-reprise en Île-de-France

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Panorama 2017 de la cession-reprise en Île-de-France

Selon le Panorama 2017 de la cession-reprise d'entreprises en Île-de-France, réalisé par le Crocis, un observatoire de la CCI Paris – Île-de-France, 93 000 entreprises employant au moins un salarié ont à leur tête un dirigeant âgé de 55 ans ou plus, qui sera donc concerné par la transmission ou la cession de son entreprise à moyen ou long terme.

Faute de trouver un repreneur, ces entreprises pourraient disparaître. Quelque 58 800 salariés travaillent pour elles. Ce sont donc durant dix ans, des emplois potentiellement menacés de disparaître chaque année si ces entreprises ne sont pas reprises. À cela s'ajoutent 190 000 entreprises sans salarié, elles aussi concernées par la cessation d'activité du dirigeant d'ici dix ans.

Afin de permettre à ces entreprises de poursuivre leurs activités et de préserver leurs emplois, de nombreux dispositifs d'aide et de mise en relation entre dirigeants-cédants et repreneurs potentiels ont été créés. La suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune, remplacé dès 2018 par un impôt recentré sur les biens immobiliers (l'IFI – impôt sur la fortune immobilière), pourrait inciter des dirigeants à transmettre leurs entreprises et ainsi dynamiser le marché de la transmission, assez stable ces dernières années.

Près d'une entreprise francilienne sur trois (32 %) est dirigée par un chef d'entreprise âgé de 55 ans ou plus. Potentiellement, ce sont donc 278 900 entreprises de moins de 50 salariés qui sont ou vont être concernées à court ou moyen terme par la problématique du changement de dirigeant. 32 % de ces entreprises emploient un ou plusieurs salariés, les petites structures étant les plus nombreuses : 26 % emploient 1 à 9 salariés et 5 % entre 10 et 49 salariés. Faute de repreneur, ce sont donc environ 58 800 salariés qui se trouveraient chaque année menacés par la disparition de leur entreprise.

À ces conséquences sur l'emploi s'ajoute la perte de savoir-faire liée aux départs de dirigeants expérimentés. Quelque 186 000 entrepreneurs indépendants sans salarié atteindront l'âge de la retraite d'ici dix ans ; parmi ces derniers se compte un nombre croissant de micro-entrepreneurs qui ne seront pas concernés par la transmission, ces entreprises n'étant pas cessibles. Ces estimations relatives aux entreprises à transmettre constituent un chiffre maximum. En effet, les entreprises dont le dirigeant décidera de cesser son activité ne seront pas toutes concernées par la transmission : certaines disparaîtront sans chercher de repreneur(s) - ce phénomène est plus répandu pour les entreprises sans salarié que pour les entreprises employeuses ; d'autres seront reprises par un membre de la famille ou un employé.

Pour les moyennes et grandes entreprises (3 960 entreprises franciliennes de 50 salariés ou plus), la problématique de la transmission est différente. En effet, il paraît peu probable que de telles entreprises disparaissent faute de repreneurs. Leurs transmissions sont donc généralement résolues avant ou, plus rarement, au moment de la cessation d'activité du dirigeant soit par une succession en interne, soit par l'arrivée d'un chef d'entreprise extérieur, qui bien souvent possède une expérience en tant que dirigeant.

Ces entreprises, lorsqu'elles affichent une bonne santé économique, sont convoitées par de nombreux candidats à la reprise. La cessation d'activité du dirigeant ne constitue pas la cause unique de transmission des entreprises, mais il s'agit de la situation qui pose le plus de difficultés, la transmission devant se faire rapidement. En effet, la cession d'une entreprise est un processus complexe et généralement long, qui doit se préparer bien en amont. Ainsi, le dirigeant doit continuer à gérer et à investir pour son entreprise. Il doit parallèlement s'approprier les mécanismes de la reprise (lettre d'intention, due diligence, garantie de passif, etc.), fixer le prix adéquat, organiser la transmission sur les plans juridique et patrimonial, trouver le ou les repreneurs. L'accompagnement du dirigeant et du repreneur est alors un facteur déterminant dans la transmission d'entreprise.

Céder au bon moment est enfin un élément clé : la période idéale est celle où les conditions sont optimales pour vendre (conjoncture du marché, situation de l'entreprise…), quitte à céder de façon anticipée. Pour cette raison, plus tôt l'entreprise se prépare à être mise sur le marché, plus élevées sont les chances de réaliser une vente satisfaisante. Il est communément admis qu'environ 60 % des transmissions d'entreprise se font sur le « marché caché » et 40 % sur le « marché ouvert ».

Le « marché caché » est celui sur lequel cédants et repreneurs se rencontrent sans que l'information selon laquelle l'entreprise est à céder soit rendue publique, c'est-à-dire les transmissions familiales, les transmissions en interne (reprise par un salarié) et les transmissions pour lesquelles les deux parties se sont rencontrées via un réseau ou un contact commun. C'est au sein de ce marché que se réalisent les plus « belles » transactions. Sur le « marché ouvert », l'information de la cessibilité d'une entreprise est publique, le plus souvent via des bourses d'opportunités mettant en relation cédants et repreneurs.

Bien qu'il existe globalement plus de repreneurs que de cédants, plusieurs facteurs expliquent la nécessité de l'existence de bourses d'opportunités : la plupart des repreneurs cherchent le même profil d'entreprises : une entreprise de services en bonne santé, avec un chiffre d'affaires important et dont l'activité constitue une niche.

La réalité de l'offre d'entreprises à reprendre est différente : il s'agit de structures beaucoup plus modestes que celles présentes sur le « marché caché » et exerçant dans des secteurs d'activité différents de ceux souhaités par les repreneurs. La situation économique globale fait que les cédants n'arrivent pas à vendre leur entreprise à la valeur souhaitée : aussi, nombreux sont ceux qui préfèrent continuer leur activité en attendant une meilleure conjoncture. Le commerce constitue une problématique à part :
- il existe plus de commerces à céder que de repreneurs potentiels,
- ce qui motive l'achat d'un commerce n'est pas forcément l'entreprise en elle-même, mais plus souvent l'emplacement de la boutique.

Une majorité d'entreprises de services

D'un point de vue sectoriel, la répartition des entreprises potentiellement à transmettre dans les 10 prochaines années est proche de celle de l'ensemble des entreprises : une majorité d'entreprises de services (65 %), 21 % de commerces, 9 % d'entreprises du secteur de la construction et enfin 5 % d'entreprises industrielles. À l'image du tissu économique francilien au sein duquel les entreprises sont majoritairement sans salarié (74 %), les entreprises dont le dirigeant a 55 ans ou plus n'ont pas de salarié (69 %) ou peu (entre 1 et 9 salariés pour 26 %). Parmi les entreprises sans salarié sont recensés les auto et micro-entrepreneurs, qui sont à la tête d'entreprises non cessibles, par définition.

Il existe en revanche des disparités entre les secteurs d'activité : parmi les entreprises industrielles transmissibles à court ou moyen terme, 60 % n'emploient aucun salarié ; cette proportion est bien plus élevée pour les services (71 %).

L'enjeu de la transmission d'entreprise est donc proportionnellement plus important en termes d'emplois pour l'industrie que pour les services. Mais ce sont dans les services que le nombre d'emplois menacés est le plus important : 65 % des entreprises dont le dirigeant est âgé de 55 ans ou plus ont des activités de services.

Les petites entreprises moins concernées

Il existe une corrélation entre la taille de l'entreprise et l'âge du dirigeant ; ainsi plus le nombre de salariés est élevé, plus la part de dirigeants de 55 ans ou plus est forte. 45 % des entreprises industrielles franciliennes ayant entre 10 et 49 salariés seront à transmettre à court ou moyen terme, tandis qu'elles ne seront que 19 % pour les entreprises de construction n'ayant aucun salarié.

58 800 emplois menacés

Les 88 800 entreprises de moins de 50 salariés ayant à leur tête un dirigeant âgé d'au moins 55 ans emploient quelque 588 000 personnes ; chaque année 58 800 emplois sont donc potentiellement menacés de disparaître si ces entreprises ne sont pas reprises. La majorité de ces salariés travaillent dans des entreprises de services - 335 000, soit 57 % des emplois concernés -, 140 100 emplois salariés concernés se trouvent dans les commerces, 58 300 dans les entreprises du secteur de la construction et enfin 53 600 au sein d'entreprises industrielles.




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