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Les Travaux publics interpellent les candidats à la Présidentielle

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Les Travaux publics interpellent les candidats à la Présidentielle
© Frédéric Delmonte - Les candidats étaient invités à s'exprimer lors du forum organisé par la Fédération nationale des Travaux publics.

« Réinvestissons la France ». C'est autour de ce slogan que près de 4 000 représentants de la filière des travaux publics se sont retrouvés à Paris récemment. à deux mois de la Présidentielle, l'objectif était d'interpeller les candidats sur l'utilité d'investir dans les infrastructures.

L'espace de quelques heures, le Carrousel du Louvre, s'est transformé en vitrine de la filière des Travaux publics. Cette dernière représente 245 000 salariés en France, pour 7 500 entreprises et 64,9 milliards de chiffres d'affaires en 2015, selon la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) qui organisait ce forum, intitulé « Réinvestissons la France ». Un peu moins de 4 000 chefs d'entreprise, étudiants de la filière BTP et élus y ont participé.

S'ils ont pu découvrir, dans les allées du salon, le dernier exosquelette développé par Colas afin de faciliter le travail des ouvriers, ou écouter l'explorateur Jean-Louis Étienne parler de « construire sans détruire », ils étaient surtout venus pour le débat organisé entre Bruno Cavagné, le président de la FNTP, et les principaux candidats à l'élection présidentielle.

Cinq avaient accepté le principe, mais finalement trois sont venus et un a enregistré son intervention. à la tribune et à tour de rôle, Emmanuel Macron, Marine Le Pen, François Fillon et en vidéo Benoît Hamon, se sont exprimés sur des sujets qui touchent directement la filière : dotations aux collectivités, propositions en faveur de nouvelles infrastructures et compte pénibilité. Jean-Luc Mélenchon s'est décommandé pour cause d'émission de télé à préparer.

Une première

« C'est la première fois que nous organisons un tel événement avec les candidats à la présidentielle », reconnaît Bruno Cavagnié. Le patron de la FNTP tenait à interroger ces hommes et femme politiques sur « l'utilité d'investir dans les infrastructures lors du prochain quinquennat ».

Cette démonstration de force était essentielle. Pour les TP, les temps sont incertains. Le redémarrage de l'activité reste « timide » en France. Si le rythme de la production s'accroît dans le bâtiment, il demeure en retrait dans les Travaux publics qui ont traversé ces huit dernières années une grave crise. Pénalisé par sa « forte dépendance envers la commande publique dans un contexte de restriction budgétaire et de crise financière », le secteur a détruit 30 000 emplois et perdu un cinquième de son chiffre d'affaires, selon les données de la FNTP.

Si l'état ne représente que 3 % de la clientèle des TP, « il demeure l'un des principaux leviers pour les projets d'infrastructures » à travers ses décisions et cofinancements, notamment les dotations aux collectivités locales. Les communes représentent pour leur part 40,5 % de l'activité des TP. Malheureusement, leurs investissements sont à la baisse et la politique de grands travaux de l'état est symbolisée, ces derniers temps, par Notre-Dame-des-Landes…

Sans parler du compte pénibilité et des premières déclarations de certains candidats jugées « inquiétantes », la période n'est pas à la joie dans la profession. Autant de raisons qui ont poussé la fédération nationale à « faire de la pédagogie » auprès de candidats qui ont une connaissance inégale de la profession et des visions radicalement différentes au sujet des infrastructures et de leur financement.

Douze propositions

Pour préparer ce forum, la FNTP est allée à la rencontre des équipes de campagne des politiques en portant un message clair : la France n'entretient plus suffisamment ses infrastructures et ne porte plus de politique ambitieuse de grands travaux. Un chiffre a été avancé : « Il faudrait 50 milliards d'euros d'investissement par an dans les infrastructures de réseaux d'ici à 2020 », selon un rapport du Medef. Autres chiffres entendus lors du forum : sur les routes, les embouteillages coûteraient 17 milliards d'euros par an à la France et un litre d'eau potable, sur cinq, serait perdu dans les fuites…

Pour rappeler aux candidats que la France a besoin d'infrastructures de transports en commun modernes, ou de réseaux d'eau de bonne qualité (entre autres), la FNTP a rédigé douze propositions « pour une politique d'infrastructures et d'attractivité des territoires ». Elles sont consultables sur le site de la FNTP. L'objectif est de créer « une véritable gouvernance des infrastructures ». Un millier de chantiers prioritaires ont également été ciblés, comme la réalisation d'éco-ponts sur l'A8.

À la fin de leur intervention, Bruno Cavagné a invité les candidats à signer une charte d'engagements. Reste maintenant à savoir qui sera élu et si les promesses faites lors du forum seront tenues.

François Fillon : « Supprimer la loi pénibilité »

Le candidat LR entend fixer les dotations des collectivités pour les cinq ans, avec une part variable en fonction des efforts de ces dernières, et leur « laisser plus de libertés dans leur organisation ». Il entend aussi travailler à une loi programme pour les nouvelles grandes infrastructures. François Fillon prévoit de reprendre les privatisations. Concernant la loi pénibilité, il entend la supprimer.

Benoît Hamon : « Des conférences de concertation »

L' intervention du candidat PS a été enregistrée et diffusée en vidéo. Benoît Hamon estime que la France a reculé dans ses investissements de grandes infrastructures en raison de choix de politiques budgétaires à la baisse : « on a fait de la rigueur budgétaire et cela se paye ». Benoît Hamon entend investir 20 milliards d'euros dans de nouvelles infrastructures, en mettant en place une concertation. « Nous devons retrouver le chemin des grandes conférences de concertation. » La question des transports est essentielle à ses yeux dans les grandes agglomérations. Concernant la question sur la pénibilité, l'élu du PS lâche : « on ne va pas être d'accord… ».

Emmanuel Macron : « 20 milliards pour les infrastructures »

Le candidat d'En Marche prévoit un « plan d'investissement avec une modernisation des infrastructures » et la prise en compte des questions environnementales. Ce plan est chiffré à 20 milliards d'euros sur le quinquennat. Emmanuel Macron croit en une stratégie quinquennale. Il ne croit plus aux grandes infrastructures de transport, « ce n'est pas rentable », mais parle de « mobilité de proximité », notamment dans les métropoles et autour d'elles. « Il faut rénover l'existant et améliorer la rapidité. » Concernant les grands projets, il est pour aller au bout : Lyon-Turin, canal Seine-Nord. Pour l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, il est favorable à ce que le projet se fasse.

Marine Le Pen : « Un plan pluriannuel pour les infrastructures »

La candidate du FN est favorable à un « plan pluriannuel pour les infrastructures publiques afin qu'elles ne deviennent pas la variable d'ajustement […] Je suis pour un plan de grands travaux et d'aménagement du territoire. » Elle est pour la renationalisation des autoroutes et la mise en place d'une taxe transport pour les poids lourds qui traversent la France. Concernant la loi pénibilité, elle est pour son « arrêt total ». Et le financement des infrastructures doit être réalisé par les contribuables.




Emilie BOUSQUET
Journaliste

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