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Le Salon des entrepreneurs fête ses 25 ans en grande pompe

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Le Salon des entrepreneurs fête ses 25 ans en grande pompe
© A.P. - Édouard Philippe, Premier ministre, était accompagné de cinq ministres.

Beaucoup d'entrepreneurs ou de porteurs de projet ont bravé les éléments pour se rendre au Salon des entrepreneurs, qui se tenait au Palais des congrès de Paris les 7 et 8 février derniers. Pour ses 25 ans, le « SDE » a vu les choses en grand avec une levée de fonds inédite de 25 millions d'euros pour aider au développement des start-up françaises et la visite du Premier ministre accompagné d'une délégation ministérielle d'envergure.

La neige n'aura pas arrêté les dizaines de milliers de participants à la 25e édition du Salon des entrepreneurs. Le programme était chargé : trois grandes conférences plénières, une dizaine de temps forts, 200 conférences et ateliers, un marathon pitch, 400 partenaires exposants, la visite de huit ministres et de 150 personnalités emblématiques.

Si l'accompagnement des créateurs reste prépondérant, le SDE a mis également l'accent sur le développement des entreprises en leur permettant de « passer un cap » grâce à quatre programmes thématiques forts : l'international, le numérique, l'emploi et le financement.

Un soutien actif du Gourvernement

Le Premier ministre s'est rendu au Salon des entrepreneurs mercredi 7 février, accompagné d'une délégation ministérielle importante composée de cinq membres du Gouvernement : Bruno Le Maire, Muriel Pénicaud, Frédérique Vidal, Mounir Mahjoubi et Delphine Gény-Stephan.

Accueillie chaleureusement par les organisateurs du salon, Didier Kling et le public, la délégation a pu parcourir les allées et échanger avec des créateurs et des experts de l'accompagnement des entreprises.

Sur scène, lors de la plénière d'ouverture, Édouard Philippe a salué « le sens du risque, le goût de l'innovation et de la débrouillardise que partagent les entrepreneurs qui contribuent à changer le visage de la France ». La politique gouvernementale se réjouit de la croissance entrepreneuriale française et la soutient vivement. Avec + 5% de créations d'entreprise par rapport à 2016 et un Français sur quatre qui envisage la création ou la reprise d'une entreprise selon une récente étude, « le regard des Français sur l'entreprise et l'entrepreneuriat est en train de se transformer », a souligné Édouard Philippe.

Après être revenu sur les priorités du Gouvernement en faveur de l'entrepreneuriat et du dynamisme des TPE-PME, notamment avec la réforme du droit du travail, Édouard Philippe a évoqué les orientations du futur projet de loi Pacte qui sera présenté le 18 avril en Conseil des ministres. Construit en concertations par le biais d'une consultation publique, ce texte législatif proposera des mesures facilitant les créations d'entreprises et simplifiant les procédures administratives des entrepreneurs.

Le parcours du créateur

Au cours d'un atelier sur le parcours du créateur, des experts de l'accompagnement, membres de « La Fabrique à entreprendre » (initiative de La Caisse des dépôts), ont expliqué les quatre étapes clés de la création d'entreprise. La quinzaine d'aspirants entrepreneurs qui avait bravé la neige de bon matin a pu trouver des réponses à ses questions et de nombreux réseaux à contacter.

> De l'idée au projet : se demander si le concept de l'entreprise est bon, novateur, sur quoi il repose, connaître les compétences requises et le réseau à développer.

> Étudier la cohérence du projet : réaliser une étude de marché (quelles tendances ? Quels clients potentiels ? Quelle concurrence ?). Donner du sens au projet, « pourquoi pas l'entrepreneuriat social ? », propose une membre de l'Avise. « Le plus important est de chercher des clients ! », martèle l'expert de La Fabrique.

> Étudier la viabilité financière du projet : faire un audit financier et choisir le statut juridique de l'entreprise (en fonction de l'âge, du patrimoine, de la situation maritale et de l'activité choisie), avec l'aide des réseaux comme BGE, SATT, Adie, France Active, Réseau Entreprendre… ou les incubateurs des CCI.

> Du projet à la création : montage du business plan avec les accompagnants et pourquoi pas l'aide des réseaux d'experts-comptables et d'avocats.

Une nation entreprenante

Figure historique du SDE, Dominique Restino, président de la CCI Paris et vice-président de l'Agence France Entrepreneur, a poussé la chansonnette avec un « happy birthday » jovial lancé lors de la conférence plénière d'ouverture. Ce serial entrepreneur s'est dit convaincu que « le Salon des entrepreneurs a contribué à l'essor de l'entrepreneuriat français ».

De fait, la dynamique entrepreneuriale ne cesse de croître. Les chiffres de l'étude menée par OpinionWay pour l'Observatoire de l'auto-entrepreneuriat, présentés par François Hurel, président de l'Union des auto-entrepreneurs, et Xavier Kergall, directeur général du SDE, en introduction, en témoignent.

Un Français sur quatre (soit plus de 13 millions) envisage de créer, de reprendre une entreprise ou de se mettre à son compte. Et 2,6 millions d'entre eux ont d'ores et déjà un projet mûri, qu'ils envisagent de concrétiser dans les deux ans. Par ailleurs, l'envie de créer est plus forte chez les jeunes avec 46 % des 18-24 ans qui en ont l'ambition, dont 42 % d'ici à deux ans.

Alors que le nombre de créateurs a augmenté de 4,8 % sur 2017 (avec 591 000 entreprises créées selon l'Insee), l'envie de créer est toujours aussi forte chez les Français. Un terreau fertile à nuancer, car il est en grande partie dû au chômage de masse et au régime d'auto-entrepreneur.

Ce chiffre n'avait pas été atteint depuis le pic historique de 2010 (avec 622 000 entreprises créées, un an après l'entrée du nouveau statut).

L'enquête relève toutefois une évolution dans la sociologie des aspirants créateurs, désormais portés par l'avènement du numérique et le goût de l'indépendance.

La vision du monde du travail a fortement évolué ces dernières années. Une nouvelle génération d'entrepreneurs et de slashers (personne qui cumuler plusieurs activités professionnelles, ndlr) est née. Didier Kling, président de la Chambre de commerce et d'industrie de région Paris - Île-de-France, s'en réjouit et souhaite les aider à « passer le cap des deux ans ».

Il s'est dit frappé par le fait que désormais les grandes entreprises n'attirent plus les talents. Pour Xavier Kergall, « encouragés par le numérique et la simplification des formalités administratives, parfois poussés par un contexte économique difficile, les Français sont devenus ‘‘entreprenants''. Ils s'affranchissent des codes et ne mettent aucune limite à leur projet. » Les retours d'expérience des nombreux entrepreneurs présents, comme celui de Grégory Marciano (Sushi shop), Céline Lazorthes (Leetchi), Guillaume Gibaud (Le Slip français), Sandra Le Grand (Yapuka) ou encore Julie Spolmayeur (La Box à planter) l'ont prouvé.

De nombreux réseaux d'accompagnement

« En 20 ans, il y a eu un développement énorme de l'écosystème entrepreneurial », selon Sandra Le Grand. Pour cette entrepreneuse chevronnée, « une énorme dose d'énergie, de pugnacité et de positivisme » sont nécessaires pour réussir, tout comme « le réseau et l'accompagnement ».

« Des choses ont changé. Les projets sont beaucoup plus mûris qu'ils ne l'étaient il y a 25 ans, grâce à un microcosme d'accompagnement », a expliqué Didier Kling, , sur la même longueur d'onde. En effet, les institutions spécialisées dans l'accompagnement des créateurs d'entreprise se comptent par dizaine.

Grégory Marciano (Sushi shop), a d'ailleurs remercié la Bpi et les banques pour leur aide précieuse. Lauréate 2016 du prix Moovjee, Julie Spolmayeur (La Box à planter) a quant à elle souligné l'importance du soutien apporté par son mentor et le réseau Moovjee.

Dominique Restino n'a pas manqué de faire la promotion du « Pass entrepreneur » développé par l'Agence France Entrepreneur. « Si on veut une Europe politique et économique, il faut élargir l'écosystème entrepreneurial à l'échelle européenne », a-t-il ajouté.

Seul Charles-René Tandé, président du Conseil supérieur de l'Ordre des experts-comptables, a regretté que les créateurs et dirigeants n'aient pas assez le réflexe de se faire accompagner. « Il est nécessaire de se poser régulièrement les bonnes questions pour franchir les étapes », a souligné cet expert du développement des entreprises qui déplore l'insuffisance du marché du conseil en France, trois fois moindre qu'en Angleterre ou en Allemagne.

Invité surprise, Augustin Paluel-Marmont de Michel et Augustin (photo ci-dessous) a fait un happening très réussi en faisant danser tout le public après l'avoir amusé, puis ému, en racontant sa première visite au salon où il avait rusé pour monter sur scène et distribuer ses Vaches à boire aux intervenants (dont Bille Gates !), et partagé « son bonheur immense qu'il ne souhaite à personne » avec l'histoire de sa fille atteinte de trisomie 21. © A.P.

Un vivier de start-up dynamique

« Le défi aujourd'hui est d'aider nos start-up à grandir. Cela passe par le financement bien sûr. Mais aussi par un accompagnement du dirigeant de manière à structurer son organisation, recruter les bonnes compétences, faire le pari de l'international et bien évidemment développer son chiffre d'affaires… », selon Laurent Baccouche, commissaire général du SDE.

À l'occasion de cette édition spéciale, le SDE a ainsi organisé l'opération « 25 ans, 25 millions », un concours de pitch inédit pour les start-up souhaitant lever des fonds. Comment captiver l'auditoire, marquer les esprits et convaincre un jury en un temps record ? Une centaine de startuppers gonflés à bloc ont pu montrer de quoi ils étaient capables lors du « Pitch Marathon » en tentant, de convaincre un panel d'investisseurs. Participant à l'opération, neuf fonds d'investissement (Alven, Breega, Daphni, Entrepreneur Venture, Kerala Ventures, Iris Capital, Otium, Partech et Serena Capital) se sont engagés à libérer au moins 25 millions d'euros.

En plus du « Pitch Marathon » les nombreux startuppers sont venus à la rencontre des entrepreneurs affranchis afin d'entendre leur sucess story et leurs meilleurs conseils, mais aussi voire les incubateurs, pépinières, accélérateurs, business angels, co-workers, conseils en propriété industrielle, experts-comptables et autres avocats.

Désormais, nombreuses sont les grandes entreprises (Engie, Thales, Amazon…) et institutions (mairie de Paris, SNCF…) à signer des partenariats avec des start-up françaises où à leur diriger des appels d'offres. « Travailler avec elles fait bouger les choses, c'est enrichissant », a témoigné Stéphane Quéré, directeur innovation d'Engie, qui fait beaucoup d'appels à projet auprès de start-up et PME françaises, lors de la conférence Start-up factory.

Accompagné de Martine Clémente de l'Inpi et deux journalistes, il a pu interroger quatre startuppers sur leurs plus belles réussites et erreurs, dans des domaines très différents : l'éducation avec Fatma Chouaieb (Hello Charly : IA qui aide au bilan de compétences et à l'orientation professionnelle), la fintech avec Alexandre Prot (Qonto : banque en ligne pour entrepreneurs et indépendants), le tourisme avec Geoffroy de Becdelièvre (Marco Vasco : site de voyages de luxe), et la foodtech avec Sixte de Vauplane (Nestor : livraison de plateaux-repas pour les PME et ETI).

Des retours d'expériences estimés comme une mine d'or pour les porteurs de projet studieux dans le public.

L'Île-de-France à la pointe de l'accompagnement

Valérie Pécresse, présidente de région assise à côté de Didier Kling, président de la CCI Île-de-France. © A.P.

Lors de la plénière d'ouverture, la présidente de Région, Valérie Pécresse s'est félicitée que la création d'entreprise soit si dynamique en Île-de-France. Cette dernière n'a pas manqué de mettre en avant les nombreux partenariats entre institutions et réseaux d'accompagnement, en partie responsables de ces bons chiffres. Elle s'est dite très fière d'avoir initié le programme Entrepreneur #LEADER, lancé mi-janvier.

Avec un budget considérable de 27 millions d'euros engagés en 2017, la Région poursuit sa mission d'accompagnement des entrepreneurs franciliens avec ce nouveau dispositif. Suite à une longue concertation avec les acteurs du secteur, trois consortiums ont été retenus pour décliner cette politique régionale.

Le réseau d'appui aux entrepreneurs BGE assurera ainsi le suivi sur la phase initiale qui précède la création d'entreprise ; InitiActive Île-de-France se chargera de la phase de financement et la Chambre de commerce et d'industrie Paris Île-de-France sera sur la phase d'accompagnement, et ce jusqu'à trois ans après la création.

Valérie Pécresse met en avant le « coût extrêmement faible pour les entrepreneurs accompagnés », « le développement de la parité parce qu'on est pour le moment qu'à 35 % d'entrepreneures », et l'appui à tous les territoires « en comblant les trous dans la raquette, notamment en grande couronne ». Avec ce dispositif, l'édile souhaite « casser la barrière des initiés ».




Anne MOREAUX
Journaliste

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