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L'innovation sied aux femmes !

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L'innovation sied aux femmes !
© DR - D. de la Garanderie, M.-C. Oghly, R. Cienzo, D. Gallin, G. Maillet, L. Erstein et S. Roubache.

L'association des Avocats conseils d'entreprise (ACE) a organisé dernièrement une journée à la Maison de l'avocat de Marseille. Plusieurs pionnières dans leur domaine sont notamment venues témoigner.

Dès la première table ronde, consacrée aux pionnières, le ton a été donné. Du haut, du très haut niveau puisque se sont succédé pour témoigner, Lucienne Erstein, présidente de la cour administrative d'appel de Marseille qui, dans sa spécialité, a été première plus d'une fois (première notamment à créer une nouvelle juridiction, le tribunal administratif de Montreuil en l'occurrence, ndlr) ; Dominique de la Garanderie, première femme bâtonnier de Paris, son homologue actuelle de celui de Marseille, Me Geneviève Maillet, Marie-Christine Oghly, P.-D.G. d'Engie Soft, société d'informatique, élue présidente monde du plus grand réseau international de femmes chefs d'entreprise (FCE) ou encore, dans un tout autre domaine, Sabrina Roubache, une Marseillaise coproductrice, avec le géant américain Netflix, de la série Marseille. Invitée également, Nora Preziosi, adjointe au maire et conseillère régionale déléguée aux droits des femmes et à l'égalité femme-homme, qui a pour sa part ouvert la voie en politique à d'autres femmes comme elle issues des quartiers nord.

« Il est rare dans une carrière de magistrat de créer une structure. Dans ce cadre, les possibilités d'innover étaient nombreuses et avec la petite équipe soudée que j'avais réunie autour de moi, on n'en a pas oublié beaucoup, a expliqué, Lucienne Erstein. Nous avons pensé à tout, jusqu'au confort des fauteuils dans les salles d'audience. Au début, j'ai entendu dire que c'était un tribunal de femme. J'ai pris ça pour un compliment », a-t-elle raconté.

« Dans le monde politique, comme dans celui des entreprises, la parité s'exerce non sans mal, a constaté de son côté Nora Preziosi. L'égalité femme-homme reste à bien des égards une utopie. Nous devons savoir nous imposer, et d'abord pour l'égalité professionnelle. Ce qui passe aussi par la lutte contre la précarité des femmes », a estimé l'élue marseillaise.

Première femme bâtonnier de Paris (il y en avait déjà eu une à Poitiers en 1936, ndlr), et première présidente du Conseil national des barreaux, Dominique de La Garanderie a ironisé : « Comme par hasard, dans les cabinets d'avocats, les activités à plus de valeur ajoutée restent l'apanage des hommes. C'est comme ça que je me suis spécialisée dans le droit social. Pour ma part, je pense que les femmes qui veulent innover souhaitent avant tout assumer des responsabilités de haut niveau, ce n'est pas tant le pouvoir qu'elles recherchent. M'a-t-il fallu du courage, de l'ambition ? Je n'en ai pas l'impression et je dois dire qu'à part pour la création de l'association des femmes juristes, ce sont toujours des hommes qui sont venus me chercher pour exercer ces responsabilités. » La relayant, son homologue du barreau de Marseille, le bâtonnier Geneviève Maillet, a alors rendu hommage à leur doyenne, Reyne Cienzo, 86 ans, présente dans le public, « qui nous a offert la possibilité d'oser », avant d'exhorter les plus jeunes à faire de même : « Allez-y, foncez, soyez aujourd'hui les pionnières de ce qui va se faire demain ! ».

Avocat, profession inégalitaire

Chevilles ouvrières de l'organisation de cette journée et du 10e forum ACE des réseaux féminins, les avocates marseillaise Delphine Gallin, vice-présidente nationale de l'association ACE (Avocats conseils d'entreprise) et parisienne Solenne Brugère, présidente du Forum des réseaux féminins de l'ACE, ont précisé les objectifs d'une telle rencontre : « accompagner les femmes dans leur développement professionnel et resserrer les réseaux ». L'occasion également de souligner le paradoxe de leur profession. En effet, « si les femmes y sont aujourd'hui majoritaires, représentant 57 % des effectifs, celles-ci sont cependant deux fois moins bien payées que les hommes en moyenne. Et parmi les avocats associés, les dirigeants des cabinets, elles ne sont que 17 % », ont-elles indiqué. D'où l'existence, notamment pour les défendre et plaider l'égalité femme-homme, de commissions ad hoc tant au sein du Conseil national des barreaux que de l'association ACE.



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