Fermer la publicité
Journal d'annonces légales et d'information juridique

Hayat Outahar : "Être entrepreneur implique des sacrifices motivés par le goût de l'indépendance..."

le - - Actualité - Interview

Hayat Outahar : "Être entrepreneur implique des sacrifices motivés par le goût de l'indépendance..."
@ AP

L'entrepreneuriat occupe une place importante dans notre société. Entre les politiques qui multiplient les effets d'annonces en faveur de la création d'entreprises et les entrepreneurs de plus en plus oppressés par des mesures fiscales non incitatives, il existe aujourd'hui de véritables lieu d'échanges, d'écoute et d'accompagnement permettant d'encourager la création d'entreprise. Nous avons rencontré Hayat Outahar, présidente de Femmes Entrepreneurs, une structure qui permet de mettre en lumière des initiatives portées par des femmes.

C.V : Hayat Outahar, vous êtes fondatrice et présidente de Femmes Entrepreneurs, pourquoi avoir choisi de créer une association qui promeut l’entrepreneuriat au féminin en France ?

Trop discrètes ou sous-représentées dans les médias, les femmes qui montent leur entreprise manquent parfois de visibilité et de réseau. Notre but est d’organiser des événements gratuits et ouverts pour leur offrir la possibilité d’échanger leurs expériences et d’évoluer « ensemble ». Le nombre de créatrices d'entreprise ne cesse d’augmenter, il y a également une émergence de femmes qui se lancent dans l’entrepreneuriat durant leur grossesse ou peu après leur accouchement. Malgré les idées reçues, ces femmes, appelées Mompreneurs, se montrent organisées et tenaces. C'est bien la preuve qu'il est possible de concilier sa vie professionnelle et sa vie personnelle.

C.V : Plus de 3,16 millions de personnes en France sont actuellement sans emplois. Pensez-vous que l’entrepreneuriat puisse être une solution pour réduire ce fléau grandissant ?

Le chômage provoque souvent une remise en question. Certains décident de se perfectionner via des formations, d’autres envisagent de se ré-orienter, tandis que de vieux rêves d’indépendance ressurgissent chez les entrepreneurs en herbe. En 2009, le statut d’auto-entrepreneur a permis à bon nombre de personnes de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale.

Ce statut simplifié est l’occasion de tester un marché et d’apprendre à gérer une affaire. La remise en question de la légitimité de ce statut est assez déplorable, car il est un levier pour ceux qui débutent où qui aspirent à une indépendance d'exercice.

C.V :  Selon vous, tout le monde peut devenir entrepreneur ?

Tout le monde peut le devenir, mais tout le monde n’est pas prêt à l’être. Pour être entrepreneur il faut être polyvalent, avoir une bonne estime de soi, un certaine modestie, une forte résistance au stress et un réel pouvoir de persuasion.

Les étapes qui mènent d’une idée à un projet, puis d’un projet à sa concrétisation, demandent une détermination qu’il faut être capable de porter. Penser ou affirmer qu'une femme aura plus de mal qu'un homme c'est conditionner les unes à se focaliser sur les obstacles et les autres à mettre en avant leurs atouts. Monter son entreprise reste difficile pour tous.

Loin d'être un confort, être entrepreneur implique des sacrifices quotidiens motivés par le goût de l’indépendance et une quête d'épanouissement personnel. Entre les rendez-vous, la gestion administrative et les décisions stratégiques, il est indispensable de savoir gérer son temps et surtout de ne pas s'isoler.


C.V : Ne pensez-vous pas qu’il y ait un problème d’accompagnement en France et qu’il reste encore difficile de pouvoir financer un démarrage d’activité ?

Créer une entreprise a un coût, avant même d'immatriculer une société, un entrepreneur doit investir dans la réalisation de son projet. Incubateurs, formations, conseils juridiques, étude de marché, business plan ... Cet investissement financier peut-être un frein pour ceux qui débutent avec peu d'apport personnel.

Il existe fort heureusement des structures d'accompagnement dédiées à tous les porteurs de projets, selon leur secteur d'activité, leurs besoins...dont Femmes Entrepreneurs fait partie.

En ce qui concerne le financement, il est indispensable de disposer d'un minimum d'apport personnel au risque de voir les portes se fermer devant soi.

Commencer par du « crowdfunding» peut être une bonne solution pour booster ses chances d’obtenir un prêt. Réussir à récolter de l’argent avant de solliciter des aides bancaires ou publiques instaure un climat de confiance entre l’entrepreneur et le prêteur.


C.V : Quels conseils pourriez-vous transmettre aux jeunes porteurs de projets qui souhaiteraient se lancer ?

D’être curieux, créatifs et surtout réalistes ! Avoir l’idée du siècle, c’est très bien, mais l’euphorie ne fait pas le génie, il ne faut surtout pas sauter les étapes importantes que sont l’étude de marché et le business plan.

 

Pour en savoir plus sur Femmes Entrepreneurs http://f-entrepreneurs.com/





Journaliste

Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Affiches Parisiennes Journal d'annonces légales et d'information juridique

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide