Fermer la publicité
Journal d'annonces légales et d'information juridique

Fusions-acquisitions : un marché français en plein essor

le - - Entreprise

Fusions-acquisitions : un marché français en plein essor
© DR

Les dernières "Rencontres M&A : stratégie, deal et intégration", organisées par la revue Option finance, ont fait état d'un marché en pleine expansion et une tendance à la professionnalisation dans ce secteur.

Rendez-vous traditionnel des fusions-acquisitions - plus souvent appelées par leur acronyme anglo-saxon « M&A » pour Mergers and Acquisitions - ces rencontres ont réuni récemment des centaines d'experts du secteur dans les salons de la Maison des Arts et Métiers à Paris.

La matière recouvre les différents aspects du rachat du capital d'une entreprise, d'une division d'entreprise, voire d'actifs, par une autre entreprise. Ces dernières années, beaucoup d'opérations de M&A ont été réalisée, dénotant ainsi une tendance à la professionnalisation dans ce secteur.

Un véritable savoir-faire se développe, notamment dans les opérations de corporate venture où les grands groupes investissent dans les start-up innovantes, mais aussi dans les opérations de transformation et de digitalisation des PME.

Un outil stratégique

Les opérations de M&A peuvent ainsi constituer un véritable outil d'agilité économique permettant de se repositionner sur certains marchés, donc d'être un avantage concurrentiel pour les sociétés qui savent en jouer.

Ces opérations sont « au support du plan de développement de l'entreprise », selon Ségolène de Rose, VP M&A de Bureau Veritas.

« Le M&A est le bras séculier de la stratégie, mais il faut toujours une vision », souligne Bernard Cendrier, directeur des opérations de périmètre et fusions-acquisitions chez Solvay, un groupe français du secteur de la chimie qui, en 250 ans d'histoire « a toujours su se transformer », et a réalisé 47 transactions en 5 ans !

Ces opérations ont lancé une dynamique très forte, avec 60 % de nouvelles activités dans la société pour soutenir « une forte transformation du groupe qui a gagné en Ebitda depuis ». Ces acquisitions qui ont demandé « beaucoup d'anticipation et d'audace », ont donc créé une augmentation conséquente de valeur. Le secret est d'avoir une « forte capacité à anticiper le futur », en dénichant les nouveaux métiers sur lesquels se positionner.

« Le M&A est le bras séculier de la stratégie, mais il faut toujours une vision »

Il faut ainsi s'entourer d'experts, d'équipe d'audit, ne pas minimiser l'importance des mécanismes d'assurance et de séquestre en la matière, et se donner la possibilité de négocier le financement et le prix d'une opération pendant plusieurs mois avec la possibilité de l'ajuster dans le temps. Ensuite, il faut essayer de garder les dirigeants et les manageurs de la société acquise car ils savent la gérer, et surtout conserver ses talents (rôle important de l'incentive financière et de l'association au Comex).

« Le M&A est un formidable outil de stratégie de l'entreprise et de l'accélération de la création de valeur qu'il faut savoir bien maîtriser car il comporte de nombreux risques », résume Alexandre Prost, associé Deloitte Finance. L'expert observe qu'il y a de moins en moins d'actifs simples, mais beaucoup de valeur « à aller chercher dans des sociétés très particulières avec du détourage et du carve out qui prennent du temps ». Pendant le carve out, les sociétés vendeuses essaient de transférer le maximum de coûts aux acquéreurs.

« Il est plus facile de faire des acquisitions aux Etats-Unis qu'en Chine ou en Inde à cause des différences culturelles », illustre Bernard Cendrier qui a passé plus d'un an à signer un NDA en Inde. « On ne peut faire d'acquisition dans ces pays que si on a des équipes locales bien implantées », explique-t-il. « Les joint-ventures sont un bon moyen pour entrer dans des pays comme la Chine », ajoute Ségolène de Rose.

Concurrence des fonds d'investissement

Si l'on conçoit souvent la "fusac" comme un mécanisme de rachat d'une entreprise par une plus grosse, il s'agit aujourd'hui, bien souvent, d'un rachat par un fonds d'investissement et non une société classique.

Selon Elia Ferreira, associée consultante chez Deloitte Finance, les fonds d'investissement adoptent de plus en plus une vision business et opérationnelle, « et plus seulement une vision financière », avec des équipes qui montent en compétence, ce qui rassure les acteurs du marché. Par ailleurs, la concurrence est désormais vive à cause d'une forte convergence des prix proposés.

Se développe ainsi une concurrence accrue des fonds d'investissement sur les investisseurs « classiques » comme les grands industriels ou les sociétés du CAC 40.

Sur ce point, le retour d'expérience de Jean-Charles Lezeau, M&A director chez Nokia, géant des télécoms finlandais qui a fusionné l'an dernier avec Alcatel-Lucent, son homologue franco-américain, était très éclairant.

La concurrence est vive à cause d'une forte convergence des prix proposés par les fonds et les industriels

Selon cet expert, les trois critères qui différencient les industriels et les fonds sont, tout d'abord, le prix (les industriels étaient meilleurs auparavant, mais sont aujourd'hui égalés par les fonds). Ensuite, l'alignement avec le vendeur (souvent mieux réalisé par les industriels), et enfin l'agilité de l'acquéreur (qui caractérise les fonds).

Christophe Parier, associé du fonds Activa Capital (spécialisé dans les PME de 20 à 200 M d'euros de CA) a expliqué que les offres de son fonds avaient gagné 8 fois sur 10 contre celles d'industriels (étrangers dans ¾ des cas), car « c'est plus avantageux financièrement pour les entrepreneurs ».

Les fonds permettent aux entreprises françaises, fragilisées par la crise et l'instabilité politique, de rattraper leur retard sur les concurrents étrangers du secteur.

L'association française des investisseurs pour la croissance (Afic) - un acteur important de promotion des M&A qui regroupe l'ensemble des structures de capital-investissement installées en France – met en avant les deux types d'acquéreurs. En effet, les start-up innovantes soutenues par les fonds sont nombreuses à être rachetées, au bout du compte, par des sociétés. « 35 à 40 % des sorties de start-up acquises par des fonds français se font vers des industriels », explique Jérôme Faul, président de la commission capital-innovation de l'Afic.

Parfois, c'est l'industriel qui couple l'herbe sous le pied au fonds d'investissement. En témoigne la success-story de la reprise récente par le groupe industriel fromager familial jurassien Bel (Babybel, Vache qui rit) du célèbre groupe Mont-Blanc Materne (Pom'Potes), pourtant convoité par des géants américains de l'investissement.




Anne MOREAUX
Journaliste

Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Affiches Parisiennes Journal d'annonces légales et d'information juridique

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide