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Fabien David, lauréat du Prix Audace 2017

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Fabien David, lauréat du Prix Audace 2017
© Brian du Halgoue?t - Fabien David, fondateur de l'auto-entreprise Fada, lauréat du Prix Audace 2017 Ile-de-France et Haute-Normandie.

Fabien David, jeune paysagiste DPLG de 32 ans, fondateur de l'auto-entreprise Fada, a remporté le Prix Audace 2017 pour les régions Île-de-France et Haute-Normandie, remis lors du Salon des entrepreneurs. Rencontre avec cet auto-entrepreneur enthousiaste et la présidente du jury.

Affiches Parisiennes : Fada, Quésaco ?

Fabien David : Je suis paysagiste DPLG. Je tiens à DPLG pour ne pas qu'on confonde avec des entreprises d'espace vert ! Je suis concepteur, comme un architecte, j'ai la même formation mais en paysage (diplômé de l'École nationale de Versailles, ndlr) et je suis indépendant depuis ma sortie de l'école. J'ai créé Fada en 2009 à Saint-Germain en Laye, dans les Yvelines. J'aime bien travailler avec le privé, tout comme les collectivités territoriales, sur les façons de savoir comment diminuer l'impact financier de gestion des espaces verts et augmenter la qualité de biodiversité.

A.-P. : Quels sont vos clients ?

F.D. : J'accompagne entreprises, particuliers, collectivités et associations dans leurs projets d'architecture et d'urbanisme. Je travaille actuellement sur le nouveau Jardin de Saclay et l'urbanisme du quartier Monmousseau, à Ivry-sur-Seine. Quand il s'agit de gros clients, je travaille en collaboration avec d'autres paysagistes en cotraitance, notamment pour les villes de Saint-Étienne et Lyon. J'ai aussi travaillé pour le parc national des Calanques où j'avais la mission de faire des dessins des sentiers de randonnée : un projet qui fait rêver tout le monde, moi le premier !

A.-P. : Pourquoi l'auto-entreprise ? Un souhait de toujours ou une réponse pratique à la conjoncture économique ?

F.D. : J'ai été plus ou moins forcé à la sortie de l'école à me mettre en auto-entreprise afin d'avoir accès à des appels d'offres. Nombreuses sont les entreprises en architecture qui utilisent des auto-entrepreneurs pour éviter de payer des charges. Toutefois, cela m'a permis beaucoup de liberté et c'est ce qui me plaît. Je tiens à garder mon aspect couteau suisse. Ce qui m'intéresse, c'est de travailler avec les gens, de tisser des contacts avec tout corps de métiers différents et de construire des projets de territoires qui touchent à l'économie et l'écologie. Mais comme dans tout modèle économique, il y a des supers trucs et d'autres moins bons.

Comme dans tout modèle économique, il y a des supers trucs et d'autres moins bons

A.-P. : Vous êtes-vous fait accompagner par un expert à vos débuts ?

F.D. : Pas du tout. J'ai essuyé les plâtres ! Il y a beaucoup de choses complexes, même encore maintenant, et il faut oser. À vrai dire, le statut d'auto-entreprise est très simple et super quand on n'est pas sûr de soi, que l'on veut tester un projet, que la compta et toi ça fait deux !

A.-P. : En combien de temps avez-vous créé votre entreprise ?

F.D. : Cela ne prend vraiment pas beaucoup de temps et c'est très simple. C'est de l'administratif pur, il faut se connecter sur le site internet et cocher les bonnes cases. Je suis dans le secteur des services d'architecture et j'ai mon numéro de Siret. C'est finalement beaucoup plus simple que de payer ses impôts en ligne, par exemple.

A.-P. : Avez-vous envie d'évoluer vers un autre statut ?

F.D. : Depuis quelque temps, je me pose cette question parce que je suis quasiment au seuil maximal de chiffre d'affaires annuel fixé par le statut d'auto-entrepreneur (33 100 euros avec un seuil de tolérance de 35 100 euros, ndlr), depuis pas mal de temps maintenant. Mais passer à autre chose, c'est une autre organisation, une nouvelle comptabilité, un chiffre d'affaires complètement différent, une facturation multipliée par deux… J'ai la chance de pouvoir faire ce que je veux et d'en vivre très bien. Pour le moment, c'est le statut idéal pour moi, car je peux concurrencer les artisans paysagistes qui doivent payer davantage de charges en SARL. Aujourd'hui, en réalité, c'est le plafond légal qui définit mon tarif journalier. Le souci de ce statut est là : c'est difficile d'en changer et d'aller vers la SAS ou la SARL.

A.-P. : Le statut d'auto-entrepreneur ne vous pose-t-il pas des soucis pour avoir un logement ou obtenir un prêt bancaire ?

F.D. : Eh bien si, clairement. Pour le logement, j'ai la chance de ne pas être seul donc c'est plus facile, mais la question va être plus compliquée si je veux acheter. Après, ça fait quand même quelques années que je suis auto-entrepreneur avec un bon chiffre d'affaires et une activité qui fonctionne. Je pense que c'est beaucoup plus compliqué pour quelqu'un qui est en début d'activité. C'est un des principaux problèmes pour la suite. J'ai 32 ans, j'ai envie d'acheter, est-ce que je peux ? Je ne sais pas, en tout cas, ça refroidit pas mal de gens.

A.-P. : Qu'allez-vous faire de la somme gagnée grâce au prix ?

F.D. : Ça fait rire tout le monde mais je vais m'acheter une boîte de crayons de couleurs et une table à dessin ! Sérieusement, je dessine énormément pour mon travail et le bon matériel coûte extrêmement cher. Une bonne table à dessin coûte environ 3 000 euros. Donc, c'est un véritable investissement pour développer mon activité.

Le Prix Audace

« Le Prix Audace est un concours de pitch d'auto-entrepreneurs que la Fondation Le Roch – Les Mousquetaires organise sur les huit régions françaises selon le découpage Les Mousquetaires », explique Maryvonne Le Roch-Nocera, administratrice de la Fondation Le Roch – Les Mousquetaires et présidente du jury.

Créé en 2015 par la fondation en partenariat avec l'Union des auto-entrepreneurs (UAE), ce prix récompense ceux qui se démarquent par leur audace, leur ancrage territorial et leur potentiel. À la clé, une dotation globale de 32 000 euros pour les cinq finalistes, dont un chèque de 4 000 euros pour le grand lauréat. Victime de son succès, cet unique concours dédié à l'auto-entrepreneuriat voit son nombre de participants « qui ont envie de liberté » croître de façon exponentielle.

« Avec le Prix Audace, notre fondation encourage l'esprit d'entreprendre et soutient le développement de ces auto-entrepreneurs dans un contexte où il leur est parfois difficile de trouver des financements pour franchir un cap significatif. Ce prix est également synonyme de crédibilité pour ces auto-entrepreneurs, qui sont des entrepreneurs avant tout », explique Maryvonne Le Roch-Nocera.

La poignée d'auto-entrepreneurs présélectionnés parmi les nombreuses candidatures franciliennes et normandes, a présenté le 26 janvier dernier au Cargo (incubateur de Paris & Co) à Paris leurs activités et leurs projets de développement, tous secteurs confondus, devant un jury mixte. Composé de chefs d'entreprise adhérents Mousquetaires, de clients des enseignes Intermarché et Bricomarché, d'administrateurs de la Fondation et de représentants de l'UAE et de ses partenaires (CIC et RAM), ce jury « a aussi un œil externe », précise un de ses membres. À l'issue des cinq pitchs de 30 minutes, le jury a désigné Fabien David lauréat du Prix Audace 2017. La Fondation « essaye de remettre le prix sur un salon destiné à la création d'entreprise chaque fois qu'elle le peut ». Pari tenu pour cette édition dont la remise du prix a eu lieu sur le stand de l'UAE - Le village des indépendants - lors du Salon des entrepreneurs au Palais des congrès de Paris, à quelques minutes du discours du Président de la République.




Anne MOREAUX
Journaliste

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