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Chemins de l'innovation : entreprendre et communiquer autrement

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Chemins de l'innovation : entreprendre et communiquer autrement
© AP - Plus de 50 exposants au forum innovation qui s'est tenu pendant les Chemins de l'innovation à l'ESCP Europe.

Rythmés par l'intervention de plus de 60 intervenants, lors de conférences et ateliers, mais également par plus de 50 exposants du forum innovation au sein de l'ESCP Europe, les Chemins de l'innovation ont su explorer toute la dynamique nationale en mutation pour répondre aux défis économiques du secteur de la communication sur le thème de « l'énergie d'entreprendre autrement ».

Coorganisé par l'Observatoire Com Média et le Comité Richelieu, ce rendez-vous s'est tenu récemment au sein de l'une des grandes écoles les plus prestigieuses, partenaire de l'événement, l'ESCP Europe et la Chaire Entreprenariat soutenue par EY et BNP Paribas.

La 3e édition de cet événement professionnel du secteur de la communication s'est tenue sous le signe de la coopération et de la performance. Il n'était pas question de ce que Pouvoirs publics et politique économique pourraient ou devraient apporter au monde des affaires, mais de ce que les entreprises, quels que soient leur taille et leurs métiers, peuvent mutuellement s'apporter, pour entreprendre autrement.

Plus de 700 participants issus de grands groupes, de petites et moyennes entreprises liées aux métiers de la communication, d'acteurs institutionnels et académiques ont fait le déplacement pour débattre et trouver les réponses aux questions qu'ils se posent sur les technologies, les alliances intelligentes, l'évolution des métiers, l'apparition de nouvelles compétences, l'amélioration des processus et les nouvelles synergies qui rendront l'économie plus vertueuse.

Dominique Scalia, président de l'Observatoire Com Média, a rappelé en ouvrant cette journée de conférences que le but était de décloisonner les métiers de la filière de la communication dans une optique assumée de création de valeur pour les entreprises. Cette édition ne s'adressait pas seulement aux grands groupes mais aussi aux start-up et à tous les acteurs de la filière, même publics.

La symbolique de cette rencontre au sein d'un établissement scolaire tourné vers l'Europe a été soulignée par Jean-Pierre Gérault, président du Comité Richelieu, qui a aussi affirmé la volonté des grands groupes, des PME et des start-up de travailler et d'innover ensemble malgré leurs différences qu'elles soient liées à leur organisation, leur activité ou leur taille.

Synergie, pragmatisme, ambition, innovation, vision, digital, réseau, co-création, co-financement, compétences, mobilité… tels étaient les mots-clés résonnants au cœur des thématiques débattues aux Chemins de l'innovation.

Après une conférence d'ouverture dynamique consacrée aux fleurons entrepreneuriaux hexagonaux, intitulée « Une réponse face aux GAFA : la réussite à la française », plusieurs ateliers-débats ont soulevé de nombreuses questions s'appliquant à tous les secteurs sociaux, notamment sur les ressources humaines, la co-création et le financement.

Nouvelles tendances de recrutement

Deux jeunes start-uppers spécialisées dans le recrutement, Alexis Blanvillain, co-fondateur de ProvideUP et Nicholas de Roüalle, co-fondateur de Manners, ont co-animé un atelier apportant un éclairage sur les nouvelles méthodes de recrutement s'appuyant sur les possibilités offertes par le digital et répondant aux besoins des entreprises en matière de nouveaux profils compétents.

Nicolas Garnier, directeur territorial de Paris chez Pôle Emploi, détaille les raisons qui l'ont amené à nouer un partenariat avec l'Observatoire Com Média, notamment celle qui consiste à sortir des seuls CV pour permettre aux entreprises de bénéficier d'échanges dynamiques et efficaces avec des demandeurs d'emploi. Constatant l'évolution des métiers notamment avec le digital, il confirme la volonté de Pôle Emploi Paris de s'adapter à cette transition et de mettre en place des nouveaux processus de recrutement. Il rappelle que le secteur de la communication recense 39 000 demandeurs d'emplois en Ile-de-France, alors qu'il n'y a que 16 000 offres.

Un atelier sur le recrutement très animé. © AP

Le monde du recrutement vit une révolution dont les changements notables sont la forte augmentation du smartphone comme support utilisé et l'intérêt croissant des entreprises pour les « soft skills » des candidats en opposition aux « hard skills » présentés dans les CV. Il apparaît très clairement qu'une embauche ratée est souvent le fait de la personnalité et des motivations du candidat plutôt que d'un manque de compétences.

Dominique Scalia a rappelé que pour faciliter les bons recrutements il fallait mieux comprendre les besoins des entreprises, mieux exprimer la demande de poste, détailler et améliorer les formations des candidats. A ce propos, l'Etat s'est engagé, sous l'impulsion d'Emmanuel Macron, à mettre 15 milliards d'euros dans la formation professionnelle pour l'adapter aux besoins des sociétés et réguler les organismes de formation.

En outre, il convient d'introduire une démarche RSE dans l'embauche pour instaurer davantage de parité et de diversité pour le bien-être des salariés et la performance des entreprises.

Enfin, la plus grande tendance notable est le renversement du rapport de force. « Quand on est DRH maintenant on fait du marketting…il faut trouver des façons un peu sexy de marketer et fidéliser les employés », explique Anne Van Sprang, DRH du Groupe de luxe Kering. Désormais, c'est à l'employeur de séduire en proposant des parcours attrayants aux conditions attractives au sein de l'entreprise. « On attire les candidats avec des technologies et des projets…l'argent est un critère mais il n'est pas essentiel », ajoute-elle.

Cap sur l'emploi des seniors

Karine Lazimi Chouraqui, membre du collectif #i4Emploi, a partagé sa certitude que les sociétés qui se démarquent sont celles qui savent attirer des « seniors » et bénéficier de leur expérience. Cette entrepreneuse a pris plaisir à jouer « le rôle de trublion » en lançant un appel aux DRH à recevoir des candidats de plus de 40 ans, et ne s'est pas gênée pour critiquer le jeunisme des grands groupes.

Les deux jeunes animateurs ont prouvé que la sphère des start-up est un contre-exemple. Ainsi, leurs deux jeunes pousses recrutent sans se soucier de l'âge, et ont notamment embauché des seniors au poste de directeur administratif et financier (DAF).

Le témoignage d'un élève diplômé de l'Ecole 42 (qui accueille chaque année une promotion de « seniors 45 et + » dont plus de la moitié retrouve une activité) qui a lancé avec succès sa boîte de conseil et de programmation est aussi édifiant. « C'est possible, ce n'est pas que symbolique », s'est-il exclamé.

Embaucher des seniors assure un apport de compétences et d'expérience solide, mais pas que. Mickael Cabrol, fondateur d'Easyrecrue, souligne que ces derniers sont plus fidèles à leur entreprise.

Réussir son financement

Dominique Scalia, entrepreneur président de l'Observatoire Com Média qui fédère environs 300 start-up, a partagé son retour d'expérience sur la difficulté de trouver des financements en France, comparé à la Californie et déploré que « de nombreux entrepreneurs partent aux Etats-Unis à cause de cela ».

Force est de constater que si nombre de start-up françaises trouvent dans l'Hexagone les dispositifs pour réussir leur première voire leur deuxième levée de fonds, il est souvent bien plus difficile d'y poursuivre sa croissance.

Par ailleurs, les grands groupes sont devenus « boulimiques » en rachetant beaucoup de start-up, « qu'ils gâchent bien souvent », selon lui.

Toutefois, aujourd'hui le secteur de la communication a « un énorme potentiel » puisqu'on y recense environs 600 entreprises innovantes. Pour mieux les accompagner, cet expert soulève un besoin de modifier les modèles, notamment pour faciliter leur financement.

Philippe Berna, délégué à l'innovation au sein de la Médiation des entreprises a insisté sur la nécessité de joindre à un financement traditionnel, une relation opérationnelle permettant au financeur d'apporter une aide pratique à son poulain.

Le retour d'expérience d'Alberto Chalon, directeur général de Qwant (gros succès entrepreneurial concurrent de Google qui « ne piste pas ses utilisateurs » et a pu augmenter son capital de près 18 millions auprès de la Caisse des dépôts) a confirmé cet état de fait.

Ce dernier a conseillé aux entrepreneurs de commencer par investir eux-mêmes, puis de consulter un réseau de business angels, « car c'est plus facile de demander à plusieurs individus d'investir un peu dans une aventure ». Il a lui-même été financé par Access Springer - « un des meilleurs investisseurs en Europe, avec beaucoup de synergie » - avant de faire appel à la Bpi France et à la Caisse des dépôts.

« Le partenariat est crucial en France », il faut faire du business avec les réseaux, les entreprises et les talents existants. Alberto Chalon a aussi souligné l'importance des aides d'Etat comme le Crédit impôt recherche et les plans de financement de la Bpi.

« L'Europe a des avantages et des contraintes avec lesquelles il faut jongler. Les banquiers sont tout de même ouverts et prêts à prendre des risques calculés pour aider les entreprises prometteuses », a-t-il expliqué.

Paul-François Fournier, directeur exécutif de la Bpi France a confirmé la volonté de L'Etat, et notamment d'Emmanuel Macron, de faire émerger au sein du contingent de start-up soutenues de très grands fleurons français.
On trouve près de 200 fonds de capital risk en France (dont la moitié est financée par la Bpi), trois fois plus qu'en Allemagne. Cependant, ils « sont encore trop petits », et doivent grossir pour permettre de faire croître les start-up et « éviter qu'elles ne fuient aux USA ».

Les intervenants ont démontré à quel point le travail en équipe et les conseils pratiques sont importants. Dorothée Julliand, directrice adjointe de projet innovation chez BNP Paribas a exposé la nécessité pour une banque de comprendre le fonctionnement des entreprises innovantes qui sont destinées à lever des fonds et à s'accroître rapidement à l'international.
La banque doit ainsi être « un bridge » jusqu'aux versements des aides des institutionnels, mais aussi une « véritable conseillère » capable de comprendre toutes les phases de croissance d'une start-up.
Hugues Hansen, directeur de start'npost, nouveau service de la Banque Postale a confirmé et expliqué que son groupe surf sur la vague de l'innovation ouverte.

Aujourd'hui, une nouvelle dynamique s'ouvre dans le secteur de la communication, et pour l'entrepreneuriat français en général. Le digital bouscule les pratiques professionnelles. Les initiatives privées et les coopérations entre grands groupes et petites structures se multiplient. L'Etat souffle un nouvel air plus libéral et bon nombre de grands réseaux bancaires souhaitent devenir des partenaires de confiance des entrepreneurs innovants. Les carrières professionnelles évoluent et le contrat de travail classique est remis en cause.
Les lignes de l'écosystème du travail commencent à bouger. Reste à savoir ce que réserve la réforme du code du travail.



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