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Charles-René Tandé : « Il faut conduire le changement au sein de nos cabinets »

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Charles-René Tandé : « Il faut conduire le changement au sein de nos cabinets »

Président du Conseil supérieur de l'Ordre des experts-comptables, Charles-René Tandé évoque les priorités de l'Ordre pour faire évoluer les missions traditionnelles de la profession à la fois en termes de transition numérique et de conseils aux entreprises et particulièrement aux TPE-PME.

Affiches Parisiennes : Comment se présente le 72e Congrès de l'Ordre des experts-comptables ?

Charles-René Tandé : Le congrès de Lille s'annonce d'ores et déjà comme un succès en termes de participation.

Mis à part l'attrait indéniable de la région hôte et de ses habitants, j'ai la faiblesse de penser que la thématique retenue pour ce congrès et la façon dont elle sera traitée participent à cet engouement.

L'équipe de rapporteurs a, en effet, choisi d'aborder la thématique du conseil sous un angle nouveau en posant la question du « Comment ? ». Comment conduire le changement au sein du cabinet pour que nos équipes se mettent en position ? Comment organiser le cabinet et avec quels outils ? Comment communiquer, présenter et facturer l'offre « conseil » ?

Ce congrès a pour ambition d'être utile, en apportant des solutions pratiques à ces questions autour des quatre axes définis : savoir être, savoir-faire, faire savoir et faire.

A.P. : Quelle est aujourd'hui la priorité pour la profession ? La formation et la spécialisation des experts-comptables ?

C.-R.T. : Il n'y a pas une, mais des priorités et l'Ordre fait en sorte d'accompagner la profession au mieux sur chacune de ces priorités.

La transition numérique en est une, le projet « Cap sur le Numérique ! » est l'une des réponses apportées par l'Institution pour accompagner les cabinets, il vise à leur offrir des outils et des formations gratuites leur permettant de se positionner dans leur propre transformation numérique mais également d'accompagner leurs clients dans cette révolution.

Autre exemple, le recrutement est également un vrai problème pour les consœurs et les confrères. L'Ordre a mis en place le portail dédié « hubemploi.fr », avec comme mot d'ordre, « les experts-comptables recrutent ! ».

Je ne vais pas lister toutes nos actions, donc pour répondre directement à la question, il est évident que la formation est une priorité, c'est même un passage obligé. Quant à la spécialisation, il s'agit d'une des priorités attachées à notre mandature.

Force est de constater que cette question, qui n'est pourtant pas nouvelle, loin de là, interpelle au sein de la profession mais également dans notre environnement. C'est une bonne chose, car cela attire l'attention sur les experts-comptables, sur leurs compétences parfois méconnues.

Mais la spécialisation n'est pas une fin en soi. Il s'agit d'un élément parmi d'autres pour nous permettre de nous repositionner sur le marché du conseil.

Notre souhait est d'offrir aux professionnels un cadre rénové leur permettant de se développer, tout en capitalisant sur les atouts liés à notre réglementation (déontologie, qualité).

A.P. : Comment faire pour que les missions traditionnelles du métier d'expertise comptable soient compatibles avec les évolutions de la profession ?

C.-R.T. : Je pense que nos missions traditionnelles sont un atout, car il s'agit d'un socle à partir duquel nous pouvons développer d'autres activités.

La valeur accordée par le marché à la comptabilité notamment a tendance à baisser. Cela ne veut pas dire que la tenue comptable est finie. Cela reste un point d'entrée important mais cela ne peut plus être le seul. Il faut aller chercher de nouvelles sources de croissance.

Les voies d'avenir sont multiples. Il n'y a pas qu'une stratégie valable.

Mon objectif est d'offrir aux cabinets d'expertise-comptable un cadre suffisamment large pour qu'ils puissent développer leur propre stratégie : certains iront vers la spécialisation, se positionneront sur des niches. D'autres conserveront un positionnement plus généraliste…

Notre profession a des atouts énormes, à commencer par la confiance sans faille témoignée par les chefs d'entreprise TPE-PME. Cette confiance, nous la tenons de notre déontologie, de notre éthique et de la qualité de nos prestations. Nous devons conserver notre réglementation. Cela ne doit pas nous empêcher de chercher des relais de croissance dans des activités non réglementées.

« Il doit exister un lien fort entre tous les diplômés d'expertise comptable, qu'ils exercent en cabinet ou en entreprise. »

A.P. : L'expert-comptable est le conseil principal des TPE-PME. Comment voyez-vous votre mission au sein des entreprises aujourd'hui ? Va-t-elle évoluer ?

C.-R.T. : Nous sommes effectivement le premier conseil des dirigeants de TPEPME mais nous souffrons souvent d'une difficulté à valoriser nos conseils. Nous sommes le conseiller du quotidien, mais nous avons du mal à nous positionner comme le conseiller stratégique.

C'est l'un des enjeux du congrès de Lille.

Nous devons trouver le temps d'accompagner nos clients, de les orienter dans leurs réflexions stratégiques. C'est une question de temps disponible mais également une question de culture. Tant de notre côté que du côté de nos clients.

Il existe un décalage entre les besoins de nos clients en la matière et la perception qu'ils ont de nos compétences et donc de notre capacité à y répondre.

Le congrès doit nous préparer à répondre à la problématique de notre offre.

Concernant la demande, nous avons encore du travail pour faire comprendre à notre environnement que le conseil est un investissement rentable et que les experts-comptables sont légitimes pour conseiller efficacement les entreprises.

A.P. : Comment les experts-comptables français peuvent-ils exporter aujourd'hui leur savoir-faire ?

C.-R.T. : La profession française a une clientèle très majoritairement nationale. Si nous voulons exporter notre savoir-faire, il faut le faire par l'intermédiaire de nos clients, en les accompagnant eux-mêmes vers de nouveaux marchés internationaux.

Ensuite, il y a la dimension institutionnelle, et la profession est très active au sein des instances et organisations professionnelles internationales pour faire valoir ses atouts et ses spécificités.

A.P. : Comment considérez-vous les diplômés d'expertise comptable en entreprise, le projet de leur intégration dans l'Ordre est-il toujours d'actualité ?

C.-R.T. : Cette question fait consensus au sein de la profession. Il doit exister un lien fort entre tous les diplômés d'expertise comptable qu'ils exercent en cabinet ou en entreprise. Pour autant, nous ne sommes toujours pas parvenus à faire évoluer la législation sur cette question. Nous allons faire avancer ce dossier en tenant compte des raisons qui ont empêché les précédentes tentatives de réformes sur ce sujet.

A.P. : Comment voyez-vous l'avenir de l'expert-comptable ?

C.-R.T. : Je suis optimiste car je ne doute pas de la capacité des experts-comptables à évoluer vers plus de conseil, vers plus de valeur ajoutée.

Notre profession a toujours su faire face au changement avec succès. Elle a des atouts indéniables, a commencer par sa compétence, sa déontologie et la qualité du service qu'elle rend aux chefs d'entreprise.



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