Fermer la publicité
Journal d'annonces légales et d'information juridique

« Dans une même famille, chacun peut aller à la rencontre de l'autre.»

le - - Actualité - Interview

« Dans une même famille, chacun peut aller à la rencontre de l'autre.»

Créé en 1995, l'institut des diplômés d'Expertise comptable en entreprise (ECE) rassemble les titulaires du diplôme exerçant différentes fonctions dans les entreprises, l'administration et l'enseignement. Pour Éric Freudenreich, président de l'association, ECE est un réseau actif aux côtés de l'Ordre des experts-comptables, et qui permet de représenter les diplômés d'expertise comptable.

Affiches Parisiennes : ECE rassemble les diplômés d'expertise comptable non inscrits à l'annuaire de l'Ordre des experts-comptables. Quel est son fonctionnement ?

Éric Freudenreich : Le conseil d'administration que je préside a été entièrement renouvelé en 2016 afin de donner une nouvelle impulsion à sa gouvernance. Dans le même temps, le président du Conseil supérieur de l'Ordre des experts-comptables est devenu statutairement observateur de notre conseil. Charles-René Tandé est très présent et nous soutient pleinement.

Depuis décembre 2016, ECE est domicilié 19 rue Cognacq-Jay, à Paris, et a même apposé sa plaque sous celle du Conseil supérieur. Si à l'origine ECE était « à côté » de l'Ordre, il se trouve désormais « aux côtés » de l'Ordre !

Ces premiers avantages accordés par l'Ordre appellent des devoirs de la part d'ECE. Notre conseil a ainsi pris récemment l'initiative d'adopter une politique en cohérence totale avec celle de l'Ordre. Elle comprend trois volets.

Le premier volet affirme qu'ECE est indépendant de tout mandat syndical ou politique. Historiquement, ECE était hébergé par l'IFEC, le syndicat majoritaire de la profession comptable. Aujourd'hui, nous sommes indépendants des syndicats et travaillons avec eux en bonne intelligence et en toute impartialité.

Dans le deuxième volet de sa politique, ECE s'interdit tout partenariat financier avec un cabinet d'expertise comptable. C'est le seul moyen d'assurer l'égalité de traitement dans nos relations avec tous les membres de l'Ordre des experts-comptables, et ceci quelle que soit sa taille ou son implantation géographique. La rotation des partenariats sur plusieurs années, voire un regroupement de tous les grands cabinets sur un événement unique, ne sont pas des alternatives possibles à cette politique.

Tel que le prévoit le troisième volet, nous restons ouverts à tout partenariat avec des entreprises, des établissements d'enseignement ou l'administration.

A.-P. : Quels sont les autres avantages que vous a octroyés l'Ordre ?

E. F. : Dans le cadre du partenariat entre le Conseil supérieur et ECE, les membres d'ECE ont accès à tous les événements, clubs et formations organisés par l'Ordre aux mêmes conditions que celles fixées pour les membres de ce dernier. C'est pourquoi ECE peut se consacrer à des sujets sectoriels ou d'intérêt général, et n'organise pas de conférences techniques. En effet, ces thèmes sont traités par l'Ordre. ECE incite aussi ses membres à se tourner vers les associations professionnelles qui relèvent de leur métier, telles que la DFCG, l'APDC ou l'IFACI… pour ne citer que les plus importantes.

Parmi les belles histoires écrites avec le Conseil supérieur et la Compagnie nationale des commissaires aux comptes, je retiens la 7e cérémonie de remise du diplôme d'expertise comptable et du certificat d'aptitude aux fonctions de commissaire aux comptes. Les meilleurs mémoires sont récompensés à cette occasion, par le Conseil supérieur, et depuis quelques années par la Compagnie nationale qui remet un prix « audit ». Cette cérémonie a donné lieu à la première édition du prix « entreprise », que j'ai remis.

A.-P. : ECE est-il sous la tutelle du Conseil supérieur ?

E. F. : Non. Le titre « expert-comptable en entreprise » a fait l'objet de plusieurs amendements à l'initiative de l'Ordre, qui n'ont pas été adoptés jusqu'à présent. Même si leur adoption impliquait des liens encore plus forts avec l'Ordre, nos membres salariés resteront subordonnés à leur employeur.

En effet, les normes de l'Ifac reconnaissent l'autorité hiérarchique des employeurs. Elles stipulent que le diplômé d'expertise comptable en entreprise a la responsabilité de soutenir les objectifs légitimes de l'organisation qui l'emploie. Personne ne cherche pas à empêcher le diplômé d'expertise comptable de s'acquitter convenablement de cette responsabilité.

A.-P. : Qui sont les adhérents d'ECE ?

E. F. : En attendant la reconnaissance d'un titre individuel, l'appellation « expert-comptable en entreprise » définit simplement la catégorie des diplômés « d'expertise » comptable en entreprise que rassemble ECE. Elle permet de différencier les titulaires du DEC (diplôme d'expertise comptable, Bac + 8) des diplômés « de l'expertise » comptable qui désigne aussi les titulaires du DCG ou du DSCG. Seul le DEC apporte l'expertise, l'intégrité et la ténacité qui font la réputation des experts-comptables.

Contrairement aux idées reçues, tous les experts-comptables en entreprise ne sont pas directeurs financiers. Beaucoup sont chefs comptables, et nous devons les aider à évoluer dans leur carrière vers des positions plus élevées. ECE s'appuie sur Hays, cabinet de recrutement spécialisé, qui alimente un flux d'offres destinées aux experts-comptables en entreprise. Celles-ci sont visibles sur notre site web. De plus, nous avons accès à la plateforme Hubemploi.fr de l'Ordre qui donne aussi l'opportunité d'évoluer en cabinet.

Acteurs privilégiés de la gestion et de la stratégie de l'entreprise, les diplômés d'expertise comptable mettent en œuvre une approche à 360 degrés. Celle-ci les conduit souvent vers d'autres fonctions que les fonctions financières ou vers la création d'entreprise. L'expert-comptable en entreprise est, lui aussi, de moins en moins comptable, et de plus en plus expert. La grande profession du chiffre va bien au-delà des chiffres.

A.-P. : Combien sont-ils ?

E. F. : Il y a environ mille nouveaux diplômés d'expertise comptable par an, dont la moitié passera par l'entreprise au cours de sa carrière. En théorie, les diplômés en entreprise sont aussi nombreux que les 21 000 experts-comptables inscrits à l'Ordre. Au plus fort de son activité associative ECE comptait 90 membres. Ce décalage entre le nombre d'adhérents et le nombre de diplômés en entreprise est révélateur du potentiel d'ECE. Notre association relève le défi qui consiste à recenser tous les diplômés en entreprise avec le concours de l'Ordre.

Olivier Nioche, président du Conseil régional de l'Ordre des experts-comptables d'Orléans a pris les devants en identifiant une trentaine de diplômés en entreprise. Le groupe LinkedIn d'ECE, créé il y a tout juste un an, compte déjà plus de 200 membres.

A.-P. : Quelle est votre vision ?

E. F. : Outre-Manche, plus de 80 % des sociétés cotées du FTSE comptent un diplômé d'expertise comptable dans leur conseil d'administration. Ma vision est que le diplôme d'expertise comptable a de la valeur dans tous les domaines. Pour le faire savoir, il faut rapprocher les experts-comptables de leurs homologues en entreprise.

A.-P. : Quelle est place d'ECE dans la profession ?

E. F. : ECE est une jeune pousse et le Conseil supérieur des experts-comptables est son business angel.

En région, Marc Bellaches, vice-président et président de la région Paris-Île-de-France a signé un accord de partenariat avec l'Ordre de Paris-Ile-de-France fin 2016. Il a été suivi par Sébastien Blanche, administrateur en charge des relations internationales et président de la région d'Orléans d'ECE qui a signé un accord de partenariat avec l'Ordre d'Orléans mi-2017.

Les synergies sont clairement spécifiées dans ces premiers accords : faire connaître le DEC ; servir d'interface dans le cadre des événements de l'Ordre ; mettre en avant la valeur ajoutée des experts-comptables sur de nombreux sujets au-delà des missions récurrentes ; rapprocher les experts-comptables et leurs homologues en entreprise ; échanger des informations pour lutter contre les pseudo-diplômés. Lorsque ceux-ci ne pratiquent pas l'exercice illégal de la profession d'expert-comptable, ils ont tendance à griller la politesse aux diplômés en entreprise qui cherchent à évoluer dans leur carrière.

Être « aux côtés » de l'Ordre, ce n'est pas vivre « aux crochets » de l'Ordre ! ECE est un réseau actif. Ses membres se sont relayés au Salon de l'Étudiant sur le stand du Conseil supérieur. Trois de nos administratrices interviendront au 72e Congrès de l'Ordre à Lille. Nous participons aux commissions permettant la reconversion professionnelle vers la profession d'expert-comptable, à la fois des diplômés d'expertise comptable et de tous les cadres financiers en entreprise dans le cadre de l'article 7 bis. Deux de nos administrateurs ont reçu une équipe de tournage et apporté leur témoignage dans le cadre du module de formation des experts-comptables stagiaires en troisième année sur les choix professionnels.

A.-P. : Qu'attendez-vous de la profession comptable libérale ?

E. F. : Avant toute chose, j'attends le maintien du lien de confraternité que nous avons entretenu lors des trois ans de stage professionnel. C'est un lien volontairement accepté auquel les usages donnent sa force. Il procède de l'estime, de la cordialité, de l'égalité et de la courtoisie. Avec la confiance, ces ingrédients sont indispensables pour travailler ensemble avec bienveillance.

Ensuite, j'ai hâte que le Conseil supérieur lance le recensement des diplômés en entreprise. Cette approche par le haut gagne à être complétée par des initiatives régionales. Nous tenons à disposition de tous les Conseils régionaux le modèle de convention que nous avons signé avec le Conseil régional de l'Ordre de Paris – Ile-de-France, et celui d'Orléans. L'initiative peut venir d'un Conseil régional ou d'un diplômé en entreprise. Dans une même famille, chacun peut aller à la rencontre de l'autre.



Du même sujet


Affiches Parisiennes

Journal d’annonces légales et d’information juridique

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Abonnement Affiches Parisiennes› Abonnez-vous ‹

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide